La physiothérapie sous hypnose

ou Physiothérapie hypnotique

ob_da7a36_190-oups_edited.png

 

Quel rôle l'hypnothérapie peut-elle jouer dans une rééducation fonctionnelle?

Des neuro-scientifiques  se sont intéressés aux effets de l'hypnose. Utilisant entre autre l'IRM et l'électro-encéphalogramme ils nous donnent quelques éléments:

Les neurones miroirs:

l'activation  neuronale dans le cerveau d'un singe qui prend et mange une cacahuète est la même que s'il ne fait que regarder un congénère ou un humain faire le même geste. Cette découverte permet de penser que ces neurones miroirs jouent un rôle majeur dans l'apprentissage chez l'humain. Apprendre en faisant et aussi en regardant faire. Ils participeraient également dans notre capacité d'empathie en faisant résonner en nous ce que ressent un congénère. 

Milton Erickson, père de l'hypnose moderne, a lui-même utilisé spontanément ce phénomène, lorsque paralysé par une poliomyélite aiguë, il a réappris les mouvements de la marche en regardant sa petite sœur apprendre à marcher.

l’imagerie mentale:

Vivre une expérience motrice ou sensorielle quelconque et se la représenter mentalement par la suite provoque une activité cérébrale similaire. L’action exécutée et l’action imaginée partagent bien une activation neuronale centrale commune.  Le rôle de l’imagerie mentale dans l’amélioration de la performance motrice et l’apprentissage du mouvement n’est plus mis en doute. 

L’imagerie mentale peut prendre différentes formes selon qu’elle est évoquée à partir d’informations visuelles ou kinesthésiques (sensorielles). Les recherches issues de la psychologie du sport ont permis de distinguer entre une forme d’imagerie externe et une forme d’imagerie interne. La forme externe de l’imagerie motrice, dite à la troisième personne (ou dissociée), se fonde exclusivement sur des données visuelles. Elle implique une représentation visuelle de l’action ou de l’espace où se déroule l’action. La forme interne, dite à la première personne ( ou associée), correspond à un état dynamique au cours duquel une personne simule mentalement une action réelle. Cette forme d’imagerie motrice interne amène le sujet à ressentir dans son propre corps toutes les conséquences motrices de l’action. Elle concerne des actions qui peuvent impliquer l’ensemble du corps (courir, marcher…) ou l’une de ses parties (écrire, dessiner, pointer une cible…). Elle est donc d'une grande utilité dans la rééducation fonctionnelle. Elle a aussi sa place dans l'apprentissage sportif ou scolaire ( graphie) et dans la gestion du stress chez des patients avec des pathologies chroniques.

De façon très générale, on peut donc considérer la visualisation ( imagerie mentale)comme une forme d’auto-suggestion ou d’auto-hypnose qui, en générant des émotions, peut avoir un effet physiologique bénéfique sur le corps et vis et versa. "Le corps et l'esprit font partie du même système cybernétique." Les mécanismes précis de cette interaction sont encore mal connus, mais de nombreuses études ont pu en démontrer les effets physiologiques réels.

Cet état cognitif dynamique permettrait de se figurer une action ainsi que ses caractéristiques temporelles, spatiales, proprioceptives et kinesthésiques. Pour cela, le thérapeute demande au patient d’imaginer mentalement les sensations musculaires et articulaires que procurent le « bon geste » (position et mouvement du corps, équilibre et déplacement, tension musculaire, fluidité, rythme…). En s'appuyant sur les informations du membre controlatéral sain ou en allant rechercher dans ses souvenirs, le sujet va visualiser le bon mouvement. Des images, des sensations mécaniques et physiologiques, pourquoi pas des sons se manifestent et le patient va ensuite les enregistrer ( ancrer) pour les reproduire et ainsi progresser dans sa rééducation.

L'état d'hypnose va permettre d'augmenter la production d'ondes cérébrales alpha dans le cerveau et hyper-activer les aires de la motricité. Un ancrage des sensations collectées par imagerie motrice va faciliter la récupération des mouvements ou du geste incomplet ou perdu par le patients.

Les différents niveaux d'activité du cerveau:

Notre cerveau est un outil résolument incroyable ! Il est constitué de plusieurs milliards de cellules qui échangent en permanence des informations. Ces échanges provoquent l'émission de courants électriques faibles -les ondes cérébrales- que l'on peut capter grâce à l'électro-encéphalogramme. Le rythme de ces ondes (mesuré en cycles par secondes) varie selon notre activité : éveil, apprentissage, repos, relaxation, sommeil léger, sommeil profond... Chaque type d'onde est représenté par une lettre de l'alphabet grec : alpha, beta, thêta, delta.

 

Le cycle des ondes Alpha nous intéresse particulièrement dans cette approche Physio-hypnotique car il peut être atteint seul par la méditation ou l'auto-hypnose. Ainsi le patient après quelques séances de pratique accompagnée, pourra être autonome dans sa rééducation. Cet accompagnement vient en parallèle ou après une rééducation classique en fonction des situations.

 

Il s'agit pour l'hypnothérapeute d'apprendre au patient à se mettre facilement, naturellement et simplement dans cet état hypnotique ( ondes Alpha). État dans lequel notre mental est plus calme et les deux hémisphères de notre cerveau fonctionnent en parfaite harmonie. Nous avons une meilleure perception de tous nos sens et nous sommes beaucoup plus à l'écoute de notre état interne. Notre conscient (notre mental) interfère moins et notre choix est plus juste et adapté à la situation du moment.

Plus le patient sera entraîner à travailler consciemment au niveau alpha, plus cela lui sera facile et plus il en tirera des avantages précieux dans tous les domaines de sa vie...

 

Application à la Physiothérapie

  • Épaules "gelées".

  • Instabilité du genou ou de la cheville.

  • Raideurs persistantes des poignets, coudes.....après immobilisation ou opération.

  • Prise en charge d'un Sudex ou Algo-neurodystrophie, syndrome inflammatoire complexe ankylosant et douloureux.

  • Les séquelles d'AVC. Equilibre, stabilité du membre inférieur, difficultés dans la préhension fine...

  • Boiterie du membre inférieur après PTH

  • Douleurs chroniques

Toutes ces situations et bien d'autres, sont des candidates privilégiées pour l'approche hypnotique associée ou non à un travail manuel.

 

  • L’imagerie motrice (IM), capacité à construire une représentation mentale d’une séquence motrice sans production concomitante du mouvement pourrait être une stratégie alternative d’entraînement, intégrée aux programmes classiques de rééducation, pour favoriser la répétition tout en exigeant moins d’effort physique ni de mobilisation douloureuse.

  • L'approche hypnotique est aussi d'un grand soutien pour le traitement de la douleur, la représentation visuelle, kinesthésique, auditive....que l'on se fait de la sensation douloureuse sera modifiée et transformée et ainsi la sensation douloureuse sera fortement améliorée voire disparaitra. La PNL ( Programmation-Neuro-Linguistique) permet également cet accompagnement.

  • Un travail de distorsion temporelle sous hypnose permet d'induire une accélération de la réparation tissulaire  pour un hématome ou une cicatrice par exemple.

Le déroulement des séances

Physiothérapeute et maître praticien en hypnose ericksonienne, je me réjouis de pouvoir associer ces disciplines au service d'une approche très douce, bienveillante et performante.

  1. Je vous reçois pour faire le point sur la situation et les objectifs que vous vous fixez.

  2. Nous décidons ensemble d'un programme adapté de séances dont les grandes lignes sont:

    • Élaboration des images mentales: apprendre à développer et affiner les images mentales pour avoir du matériaux très précis et pertinent. Développer votre sens de la perception visuelle et kinesthésique.

    • Apprentissage de l'auto-hypnose et des ancrages permettant l'intégration profonde des images mentales.

    • Mise en place des étapes successives pour les entrainer chez vous.

    • Suivi régulier.

La chronicité ou les séquelles de pathologies quelles qu'elles soient peuvent entraîner le patient vers une perte de confiance en lui voire un état dépressif. Elles l'incitent à adopter des stratégies d'évitement dues à ses douleurs ou limitations. Fatigue, dé-motivation, lassitude tous les ingrédients pour une qualité de vie insatisfaisante.

Au delà de l'amélioration fonctionnelle, cette approche originale, amène un changement global que le patient découvrira et auquel il adhèrera.

 
 
 
 
2019.10.21.douleur_chronique_les_associa